En vouature Simone

Niger, Archéologie, Solidarité

01-12-09

Pour le climat et la justice sociale, mobilisations des 5 et 12 décembre

Initiatives de collectifs locaux référencés sur le site http://climatjustice.org, qu'ils se réfèrent à l'appel Urgence Climatique Justice Sociale ou pas. Pour plus d’informations sur les différents collectifs, visitez la page http://climatjustice.org/agir/


Téléchargez le PDF

46907535_p

Posté par Anne_Simone à 12:37 - Simone militante - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29-11-09

Pour le climat et la justice sociale - Tous dans la rue le 5 décembre !

C_OURSA quelques semaines du sommet international de Copenhague (7 - 18 déc), les négociations sont dans l’impasse en raison des propositions très insuffisantes des pays industrialisés comme les Etats- Unis ou l’Union Européenne. Obama, Sarkozy, Merkel, Brown etc. ne sont pas à la hauteur des enjeux. Toutes et tous, nous devons nous engager pour faire entendre nos voix et porter nos exigences afin d’obtenir un accord contraignant, juste et efficace.

A Paris le 5 décembre : Mobilisation !
C’est le système qu’il faut changer, pas le climat !

A_5dec

Mobilisons-nous maintenant
pour le climat et la justice sociale !

pdfLe Tract est ici


climat_510x121

Premiers Signataires : 4D, Acme France, Action Consommation, A.C !, AE2, Aitec – IPAM, Amis de la Terre,Attac France, Avenir Climat, Bizi !, CADTM France, Cniid, Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger, Collectif Tchinaghen, Confédération Paysanne, Ecorev’, ESSF, Fac Verte, France Libertés Fondation Danielle Mitterrand, Fondation Copernic, Fondation Sciences Citoyennes, France Amérique Latine, France Tibet, FSU, IDD, Ligue des Droits de l'Homme, MAN, Mémoire des Luttes, Mouvement de la Paix, MRJC, Ruptures, Réseau Sortir du Nucléaire, RITIMO, UFAL, Solidaires, Vélorution Paris Île-de-France, ZEP ...

Image_3

Posté par Anne_Simone à 12:44 - Simone militante - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27-11-09

Caravane Du Commerce au Climat Du sommet de l’OMC à Genève à celui du Climat à Copenhague

La Caravane Du Commerce au Climat reliera les sommets de l’OMC et du COP15 à la fois matériellement et politiquement, en organisant un déplacement collectif d’activistes de l’un à l’autre.

La caravane, deux bus avec plus de 30 représentants du Sud dans chacun, quitteront Genève le 3 déc. et atteigneront Copenhague le 9 déc., en empruntant deux routes différentes (l’une par la France et la Belgique, l’autre par l’Allemagne) et avec des étapes dans les villes intermédiaires pour des évènements variés: meetings, manifestations, actions symboliques, ateliers de travail, conférences de presse, rencontres avec organisations, responsables politiques, etc.

EN SAVOIR +
Image_2

Posté par Anne_Simone à 20:22 - Simone militante - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24-11-09

Uni(e)s contre une immigration jetable

A l’appel de 60 organisations
MANIFESTATION DIMANCHE 29 NOVEMBRE 2009 à PARIS


logo_jetableDes enfants arrêtés, des bébés en centre de rétention, des familles et des couples séparés, des lycéens et des étudiants forcés d’arrêter leurs études, des malades privés de soins, des exilés pourchassés, des travailleurs qui cotisent et n’ont aucun droits sociaux. Une main-d’oeuvre immigrée maintenue volontairement dans la précarité.

Quotas d’expulsion, quotas de délits de solidarité, fichage, appels à la délation, traitement arbitraire et suspicion à tous les niveaux de l’administration, contrôles au faciès, enfermement, morts en fourgon, décès aux postes de police...

Les politiques d’immigration française et européenne désignent les étrangers comme une menace. Elles orientent nos sociétés vers une xénophobie d’Etat. Sous couvert de défendre une prétendue identité nationale, elles incitent au racisme et au repli communautaire.

Elles sont utilisées pour aggraver les régressions sociales dirigées contre toutes et tous.

L’instrumentalisation politique des questions d’immigration entraîne nos pays sur des pentes dangereuses. La France ne respecte pas ses engagements comme signataire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, de la Convention européenne des droits de l’homme, de la Convention internationale des droits de l’enfant, des textes qui défendent et protègent le droit de toutes et tous.

Nous n’acceptons pas les politiques commises en notre nom ! Nous voulons l’égalité des droits ! Pour une politique de l’immigration respectueuse des droits fondamentaux.

MANIFESTATION DIMANCHE 29 NOVEMBRE 2009 à Paris à 14H30 de la place Edmond Rostand (métro Luxembourg) au ministère de l’immigration

Téléchargez le tract
pdf

Posté par Anne_Simone à 13:08 - Simone militante - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L’ascension des pays du Sud dans les négociations climatiques, entretien avec Amy Dahan

Image_3Dans les années 90, les négociations sur le climat étaient une affaire euro-américaine. C’est aujourd’hui un problème Nord-Sud, et donc le cadre privilégié pour poser les questions des inégalités écologiques globales et de l’après-développement.

Le changement climatique n’est plus en discussion : les prédictions du GIEC liant augmentation de la température terrestre et émissions de gaz à effet de serre font consensus. Ce qui est désormais en discussion dans les négociations climatiques est la limitation du changement et l’adaptation à ses conséquences. Privilégiant une modélisation globale qui ne posait pas la question de l’origine des émissions, les négociations entre des années 1990 étaient une affaire euro-américaine. Le climat est aujourd’hui un problème Nord-Sud, le cadre privilégié pour poser les questions des iné-galités écologiques globales et de l’après-développement. Amy Dahan nous rappelle comment et pourquoi les pays dits en développement ont occupé l’arène climatique.


Amy Dahan
est historienne des sciences, directrice de recherche au CNRS et directrice adjointe du centre Alexandre Koyré. Elle a notamment co-dirigé les travaux suivants : Les arènes climatiques : forums du futur ou foires aux palabres ? et Les Modèles du Futur, paru à La Découverte, Paris, 2007.

Mouvements : Historiquement, comment les pays du Sud ont-ils pris place dans le processus des négociations climatiques ?


Amy Dahan :
Le processus est lancé en 1992 par le sommet de Rio, dans un contexte où l’ONU joue un rôle important pour essayer de traiter les questions de développement durable (ozone, lutte contre l’effet de serre, contre la désertification…). Les pays en développement sont évidemment très présents dans toutes ces arènes, et en particulier dans la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (UNFCC), qui entre en vigueur en 1994 et servira de creuset au processus de Kyoto. À ce moment-là, déjà, 175 pays sont représentés. L’alerte climatique proprement dite est un peu antérieure, avec la création de l’IPCC (International panel of climate change – en français le GIEC) en 1988, organisme singulier d’expertise dont premier rapport date de 1990. Son rôle est majeur depuis ce moment.

En 1994, quand commence la Convention, le cadre scientifique dans lequel on pose le problème de l’effet de serre est déjà stabilisé. Ce cadre, c’est la problématique des modèles mathématisés et numérisés de prédiction du climat, à partir desquels on scrute la circulation de l’atmosphère, avec des modèles statistiques de climatologie, proches de la météorologie. En input de ces modèles, on entre les émissions de gaz à effet de serre. Ce qui en sort, c’est l’augmentation de la température moyenne du globe, une variable fictive, qui sert à résoudre le problème mathématisé. C’est donc un cadre tout à fait globalisant. Où qu’elles aient lieu, d’où qu’elles viennent, les émissions ont une équivalence en gaz à effet de serre. Le CO2 est ici la molécule clé, à laquelle sont rapportés les autres gaz à effet de serre. On regarde à 100 ans, pour 2100. Et la fourchette d’augmentation de la température moyenne, dès 1990, est de deux à six degrés de plus pour le siècle à venir.

Un certain nombre de questions scientifiques sont discutées. On tient encore peu compte des relations entre atmosphère, continents et océans, de la végétation, qui entreront peu à peu en ligne de compte. Mais globalement le cadre théorique a peu changé depuis lors. Il faut souligner qu’à cette époque, les pays du Sud ne se sentent pas du tout concernés. D’ailleurs on ne leur demande pratiquement rien. Jusqu’au protocole de Kyoto en 1997, la négociation se déroule essentiellement entre pays du Nord. Elle concerne les divers pays de l’Europe et les États-Unis : quels seront leurs engagements respectifs de réductions des gaz à effet de serre d’ici 2012 ? Elle concerne aussi la Russie en profonde désindustrialisation, et qui cherche à n’avoir que des objectifs très limités de réduction, de façon à disposer de « hot air » à vendre. Pour les pays du Sud, la priorité est alors au développement et ils ne voient pas pour quelle raison ils devraient s’occuper d’un problème qui entrave ce développement alors que les pays industrialisés du Nord ne se sont jamais posé la question depuis deux siècles. L’année 1990 choisie comme année de référence dans le protocole de Kyoto ne signifie rien pour eux. Leur peu d’intérêt pour la question climatique tient aussi au caractère encore controversé du changement climatique . Pour aller vite, ils n’y croient pas !

M. : L’approche scientifique globalisante, justement, n’aboutit-elle pas à éviter la question politique fondamentale : d’où viennent les émissions, du Nord ou du Sud ?


A. D. :
Absolument : tout est globalisé. Le deuxième groupe d’étude de l’IPCC, qui s’occupe des « impacts » et des « vulnérabilités », n’est alors pas aussi important qu’aujourd’hui. Le groupe majeur, qui lance l’alerte, c’est le groupe 1, celui des sciences dures du climat, de ses bases physico-chimiques. Le troisième groupe, celui des économistes, est censé proposer des mesures politiques de limitation du changement climatique dans la perspective de Kyoto : taxes ou permis, et mécanisme d’échange des permis. Toutes ces mesures concernent donc les pays du Nord. L’affrontement le plus dur se joue entre États-Unis, Europe et Russie, alors en plein processus de désindustrialisation, qui a donc des émissions à vendre. C’est pour cela que les États-Unis jouent un rôle majeur, face à l’Europe, qui va adopter une position commune dès le début.

Aujourd’hui le principal clivage n’est plus celui-ci. Même si les États-Unis gardent une place particulière, en raison du long boycott de l’administration américaine, qui a tenu un rôle de bouc émissaire du blocage général, aujourd’hui, désormais, les discussions essentielles se passent entre les pays du Sud et ceux du Nord. Les pays du Sud cherchent à apparaître comme un bloc, le G77 + la Chine, très habilement. Aujourd’hui, ce bloc regroupe plus de 130 pays, dont la Chine, l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du Sud. Cette coalition a joué jusqu’à l’an dernier de façon très homogène, en camouflant ses divergences, et possède un pouvoir important en raison de la règle « un pays = une voix » qui caractérise les négociations climatiques.

M. : Comment expliquer cette évolution des débats ? Est-ce dû au fait que les grandes questions entre pays industrialisés ont été tranchées (marché des permis d’émission par exemple), permettant de passer à d’autres débats ?


A. D. :
En 1997, les États-Unis avaient signé le protocole de Kyoto, mais n’avaient pas donné d’accord sur des chiffres précis. Ce sont les accords de Marrakech qui ont précisé ces questions, en 1999. Les États-Unis sont alors devenus très réticents et ont pointé du doigt le problème des pays émergents, en leur demandant de prendre aussi des engagements vu qu’à l’horizon 2020 ou 2030 ils compteraient parmi les grands émetteurs de gaz à effet de serre. À Kyoto ces pays n’avaient pas été pris en compte. Ils n’avaient par exemple pas de bilans à produire. Cette pratique a émergé peu à peu, de leur propre initiative mais en relation avec l’IPCC. Il y a eu des conflits importants avec les pays du Sud. Au début, la Convention souhaitait une agence internationale capable d’établir ces bilans, mais les pays du Sud ont refusé, reconfigurant les positionnements des uns et des autres. Ils ont contesté, dans les années 1990, la méthodologie de l’IPCC, qui prenait pour année de référence 1990, en lui reprochant d’« annuler le passé », de « naturaliser » le présent, tout en globalisant le futur, considérant les émissions sans prendre en compte ni leur origine, ni les conséquences économiques et sociales inégales du danger climatique.

En fait les pays du Sud, dans les années 1990 ne croyaient pas au changement climatique, et mettaient en avant uniquement le développement. Ils ne se sentaient ni menacés, ni concernés. Ils étaient très critiques de l’IPCC. Le changement est bien sûr lié au caractère de plus en plus visible des signes du changement climatique, en particulier ceux touchant les pays de la zone tropicale. Mais il tient aussi aux dynamiques propres de la négociation climat. En 1995 est créé le SBSTA (Subsidiary body for scientific and technologic advice - Conseil scientifique et technologique), entre science et politique, pour mettre en scène les débats. Il jouera bien son rôle pour gagner la confiance des politiques, sans concurrencer le premier instrument scientifique, l’IPCC. Le SBSTA s’adressera à l’IPCC, qui se repositionne et réussit à négocier sa position d’instance scientifique pure, tout en gagnant la confiance politique des pays en développement. L’IPCC lance des études sur des sujets qui préoccupent les pays du Sud, sur les forêts, l’usage des sols… Elle adopte une attitude d’ouverture, pratique une expertise réflexive et intègre des personnalités des pays du Sud, à parité avec les pays du Nord, dans la direction et la rédaction de ses rapports d’évaluation (parus successivement en 1990, 1995, 2001 et 2007).

M. : Une des conséquences aura été de constituer un groupe d’experts du Nord et du Sud intégrés au processus…


A. D. :
Si l’on fait le bilan, le groupe 2 va monter en puissance, parce que les pays du Sud peu à peu vont prendre conscience de l’alerte climatique. Les pays du Sud oscillent entre le SBSTA, organisme d’expertise scientifique de la Convention, et le SBI (Subsidiary body of implementation – Organe subsidiaire de mise en œuvre), le groupe de mise en œuvre. Le SBSTA devient donc très important, mais chaque fois qu’il y a une controverse, on demande une expertise à l’IPCC, et les choses avancent. On assiste donc à un réinvestissement très net des pays du Sud.

La COP 8 de New Delhi en 2002 marque un tournant. On sait que George W. Bush ne ratifiera pas la Convention, et les pays du G77 commencèrent alors à prendre la parole. Se crée une conjonction momentanée entre ces pays et les États-Unis, pour reporter le temps de l’action, pour ne prendre aucun engagement à l’horizon 2020 contrairement aux pays comme l’Europe, qui veulent faire avancer le protocole de Kyoto, qui ne sera adopté réellement qu’en 2004.

C’est à ce moment-là qu’apparaît le thème de « l’adaptation », qui explose deux ans plus tard à Buenos Aires en 2004. Ce fut la COP (Conférence des parties) 10, la « COP de l’adaptation ». Les pays en développement ont alors mis en œuvre une stratégie cohérente en disant : le changement climatique est en cours et nous en sommes les premières victimes. On passe de la contestation du changement climatique à une demande de financement pour s’y adapter. Cette évolution est liée notamment à l’action des pays directement menacés, comme Tuvalu ou le Bengladesh. Ces pays, petits ou pauvres, ont envoyé des personnalités très bien formées au Nord qui auront un fort impact dans les négociations. Le groupe 2, appelé « impacts », devient « impacts et vulnérabilité ». On tient compte des questions locales, de la littérature grise des pays en développement même si elle ne paraît pas dans les grandes revues avec référis...

Par ailleurs, une des premières questions de controverses de la décennie précédente, celle des forêts, témoigne exemplairement de la nouvelle prise en main récente par les Pays en Développement de leurs intérêts. Selon l’IPCC, la déforestation représente près de 20 % des GES et touche majoritairement les PED. Divers pays, comme Costa Rica ou la Nouvelle Papouasie ont bataillé sur ce terrain. À Bali, en 2007, la décision a été prise finalement d’inclure dans le processus du protocole de Kyoto, un mécanisme financier pour rémunérer les pays qui réduisent les émissions issues de la déforestation et de la dégradation des forêts.

M. : Quelle est l’attitude des grands pays émergents dans ce jeu diplomatique ?


A. D. :
Pour l’Inde, la politique climatique reste assez floue. Il n’y a pas de vrai plan climat. La direction du pays n’en a jamais fait une priorité. Il faut dire que tout le Sud-est asiatique va souffrir d’un problème d’eau majeur, à cause du recul des glaciers de l’Himalaya et que, par rapport à ce danger, l’Inde se sent moins menacée. L’Inde est toujours apparue moins engagée que la Chine. À Poznan, en 2008, au moment de présenter son scénario énergétique, la Chine misait beaucoup sur des technologies de séquestration du carbone, à l’inverse des Indiens qui disposent de moins d’espace pour mettre en œuvre ces procédés. On dit souvent qu’il est plus facile de traiter avec la Chine qu’avec l’Inde, car les dirigeants chinois ne sont pas soumis à un contrôle démocratique.

Là où l’Inde a été dure en négociation, elle a failli faire capoter le sommet de Bali en 2007, c’est lorsque ses représentants ont demandé des engagements à 2020 (pour les pays du Nord), mais rien à l’horizon 2050, pour ne pas contraindre son développement. Une position extrêmement dure, davantage que celle de la Chine. Depuis Bali, pendant les deux années avant Copenhague, quatre problèmes ont été identifiés : l’adaptation, la mitigation (les engagements de réduction des GES), les transferts technologiques du Nord au Sud sans brevet et les transferts financiers. C’est l’identification de ces quatre piliers à négocier conjointement, qui a constitué le « mandat de Bali » (pour Copenhague) et sauvé la conférence mais de fait on n’a rien décidé d’autre. À la conférence de Poznan, Obama était déjà élu mais pas encore en fonction, si bien que rien n’a été décidé non plus.

La Chine quant à elle a longtemps refusé d’entendre parler du climat, en se focalisant sur sa croissance à plus de 10 %. Mais l’année dernière, ses émissions, en valeur absolue, ont dépassé celles des États-Unis. Dès lors, aucun accord n’est possible sans un engagement des pays émergents. La Chine a élaboré un plan climat en 2004 assez sérieux, et a commencé à le mettre en œuvre. D’abord réticente, c’est aujourd’hui le premier pays pour le MDP (Mécanisme de développement propre), réalisant les bénéfices économiques et politiques que ce mécanisme pouvait lui apporter avec des investissements étrangers importants. Les chinois veulent passer de 6 % d’énergies renouvelables aujourd’hui à 20 % en 2020. Il y a là-bas des régions couvertes d’éoliennes sur des kilomètres et des kilomètres. Le pays est en train de dépasser l’Allemagne dans l’exportation de cellules solaires. De fait, ils investissent énormément dans ce domaine, mais dans un contexte où leurs émissions continuent d’augmenter, à cause d’un urbanisme démentiel et d’un développement des automobiles exponentiel. L’espace des désirs, des aspirations des gens en Chine, ça reste le modèle américain. Certaines villes nouvelles ressemblent à certaines américaines moches ‘et pauvres) de l’intérieur : de grandes avenues très larges, des bâtiments qui se succèdent, beaucoup de publicités, très peu de pensées nouvelles, une densité affolante de voitures, même si la possession de voitures reste très minoritaire. On estime que qu’une classe moyenne chinoise, composée de 300 à 400 millions de personnes, a un revenu moyen de 10 000 dollars par tête et par an et peut consommer. Les Chinois possèdent énormément de deux roues électriques, de fait très polluants puisque fonctionnant grâce à l’exploitation du charbon. J’ai le sentiment en Chine qu’il n’y a pas d’alternative au mode de consommation à l’américaine, qui reste un horizon de désir et de développement.

Le gouvernement chinois a créé de nouvelles agences et un département du changement climatique. Et il a introduit l’idée de politiques d’émissions différenciées suivant les régions géographiques du pays, avec des mécanismes d’éco-compensation entre provinces, notamment un transfert de l’Est vers l’Ouest. Ce qui signifie que les mécanismes compensatoires et de flexibilité, mis en place dans le cadre international du processus de Kyoto entre pays du Nord et pays en développement, ont été transférés à l’intérieur même de la Chine, et adaptés entre régions de l’Est plus développées (industrialisées et urbanisées) et régions de l’Ouest (jugées plus arriérées et pauvres). Les responsables rencontrés en Chine insistent sur le low-carbon path que la Chine devrait emprunter, expression jugée désormais préférable à celle de “sustainable development” moins précise ou plus floue. Les responsables chinois que j’ai rencontrés disent que le pouvoir central est convaincu de la gravité du risque climatique, mais reste freiné par les autorités locales et les pouvoirs provinciaux. L’évolution est donc très lente, d’autant plus que d’innombrables bâtiments sont construits aujourd’hui pour plusieurs décennies sans isolation thermique satisfaisante, alors même que les écarts de température en Chine sont très importants. La Chine et les États-Unis partagent de fait des caractéristiques communes comme d’immenses espaces vides (déserts) et une densité forte en certains endroits (les côtes, le Sud), des réserves importantes de charbon et des préoccupations de sécurité énergétique. Les deux pays peuvent donc nouer des alliances, autour des technologies vertes. Et se focaliser sur la séquestration du carbone.

M. : Quelles sont les limites de Kyoto et du processus de négociations climatiques à propos de la prise en compte des inégalités ?


A. D. :
Aujourd’hui, les Pays en Développement ont reconfiguré la négociation climatique et introduit massivement leurs préoccupations. La signification de cette victoire est stratégique : les arènes climatiques sont devenues depuis 4 ou 5 ans des enceintes privilégiées de discussions sur le développement. En l’absence d’autres arènes sur ce problème, depuis Johannesburg (2002), la question climatique a reconfiguré l’ensemble des questions relevant du développement durable et absorbé beaucoup d’entre elles. Ce qui alourdit d’autant la barque d’un futur accord prenant la suite de celui de Kyoto.

Les difficultés et les défis sont énormes. Il s’agit de problèmes de responsabilités et d’équité : à qui attribuer les responsabilités ? Peut-on même parler de responsabilités à propos d’émissions qui datent d’une époque où le problème était inconnu. De même, pour l’équité : comment établir des formules de burden-sharing (partage du fardeau) acceptées par tous ? Quelques mécanismes ont été proposés avant tout pour établir le montant des transferts financiers, mais on est loin du compte. Il s’agit de savoir si les pays développés vont pouvoir aider à faire émerger des conditions de vie décentes et un mode de développement soutenable pour la planète, avec 9 milliards de personnes en 2050.

Même si Copenhague réussit, on n’a aucune garantie, il faudra toujours des mobilisations, c’est une bataille de tous les jours. La bataille sur les transferts commence. Les pays riches ne donnent aujourd’hui presque rien. Certes, depuis quinze ans, un certain nombre de choses ont énormément avancé dans les mentalités, notamment en Europe. Mais aux États-Unis, on en reste plutôt au mode de vie non-négociable : la voiture en permanence, l’absence de tri des déchets, la surconsommation d’eau... sont des comportements très ancrés.

M. : On se dirige donc vers des politiques énergétiques qui prennent le pas sur des politiques climat…


A. D. :
Oui, c’est un déplacement général vers la question de la sécurité de l’approvisionnement énergétique. La fixation d’objectifs généraux de limitation des émissions GES permet de respecter les souverainetés nationales, en laissant à chaque pays les mains libres d’atteindre leur objectif national à sa manière, sans s’ingérer dans les modes de vie, les modes de production ou de consommation.

 

Publié par Mouvements, le 20 novembre 2009.
http://www.mouvements.info/L-ascension-des-pays-du-Sud-dans.html
Image_1

Posté par Anne_Simone à 11:10 - Simone militante - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11-11-09

Ecologie et solidarité internationale

Texte de Gustave Massiah du 25 octobre 2009 alors que le KlimaForum de Copenhague approche.

 

sommaire_logoLe terme d’écologie a subi en un peu plus d’un siècle un glissement fondamental qui l’a conduit de la sphère biologique à la sphère politique. Il apparaissait en 1866 comme une manière de définir l’étude des milieux pour les organismes vivants. Il est aujourd’hui un outil de la pensée politique qui voudrait réintégrer la nature, son évolution et les usages que nous en faisons, dans la façon d’organiser les sociétés. La dimension écologique s’est affirmée comme un nouveau paradigme de la transformation des sociétés. Elle est confrontée à d’autres dimensions : la justice sociale ; les droits et les libertés ; la géopolitique et la solidarité internationale. L’articulation entre ces dimensions caractérise l’écologie et qualifie les réponses qui sont proposées en son nom. Nous explorerons ici le rapport entre l’écologie et la solidarité internationale. Pour le faire, nous ne partirons pas des catastrophes écologiques et des solidarités événementielles qui se sont créées à leur suite. Nous nous intéresserons plutôt à l’histoire de la convergence entre les mouvements écologiques et les mouvements de solidarité internationale qui pose cette question sur la durée. Sur ce point, les positions que les mouvements sociaux et citoyens prennent vis-à-vis de la Conférence de Copenhague sur le changement climatique en éclairent les enjeux. Afin de comprendre comment se sont formées les questions en débat, il faut voir qu’en 1992, déjà, la convergence entre les écologistes et les associations de solidarité internationale avait marqué la Conférence de Rio sur Environnement et Développement. A partir de cette évolution, nous pourrons revenir sur les questions posées aux mouvements sociaux et citoyens dans la période actuelle, par rapport à la crise de la phase néolibérale de la mondialisation capitaliste.

Téléchargez l'intégralité de l'article :

pdfDocument (PDF - 94.6 ko)

Posté par Anne_Simone à 15:05 - Simone militante - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06-11-09

Lobby Planet Paris

Image_4
Sortie le 20 novembre

Lobby Planet Paris
Ces mains invisibles qui guident les politiques
Image_2

 

Parce que le lobbying est une jungle, il vous fallait bien un guide de voyage pour partir à sa découverte

Ce guide touristique propose un aperçu thématique de l'influence des grandes entreprises sur les décisions politiques et sur la démocratie. A travers 52 adresses et 5 exemples concrets et documentés, vous apprendrez les moyens usés par les entreprises pour préserver ou agrandir leurs marchés, faire taire leurs détracteurs. Cela parfois au détriment de la santé publique et des vies humaines. Bien à l'abri du contrôle démocratique, la main invisible du marché contraint bel et bien la décision politique. Ce guide met un coup de projecteur sur les cabinets de lobbyistes, leurs organisations professionnelles, les réseaux, leurs méthodes et leurs tours préférés.

Le site de Lobby Planet Paris (encore en construction)

Le bon de commande est d'ores et déjà téléchargeable ici
Télécharger
pdf

Avec la Participation des collectifs TCHINAGHEN
Image_1

et AREVA NE FERA PAS LA LOI AU NIGER
Image_5

Chapitre Energie
Article : "De Paris à Niamey Areva veut faire la loi"

Posté par Anne_Simone à 18:01 - Simone militante - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04-11-09

Signez !

Image_4

Posté par Anne_Simone à 11:29 - Simone militante - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Au titre de la réparation nous demandons la régularisation pour les 19 afghans de Nîmes!

Image_3

Posté par Anne_Simone à 11:25 - Simone militante - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les mal-logés se sont installés place des Vosges !


Jeudi-Noir.org

Il faut dire que la période est riche en anniversaires. Cela fait trois ans que Jeudi-Noir a démarré ses premières actions (: pour dénoncer la cherté des loyers et la bulle immobilière. Mais on “fête” également les 80 ans du vrai Jeudi-Noir,  celui de Wall Street (24 octobre 1929).

Pour l’occasion, les militants de Jeudi-Noir ont donc réquisitionné un bâtiment de plus de 2000m² abandonné depuis… 1965, mais régulièrement rénové pour rien !

C’est jeudi soir, que les militants de Jeudi-Noir (vous suivez toujours ?) sont entrés dans les lieux. Aujourd’hui, veille de l’entrée en vigueur de la trêve hivernale à Paris, les jeunes galériens du logement vous invitent à leur emménagement. Ils se sont en effet engagés à quitter le bâtiment du 14 passage de la bonne graine pour laisser place aux travaux du futur foyer de travailleurs migrants. Mais ADOMA et la mairie de Paris tardent à concrétiser leurs engagements en matière de relogements.

Alors que le ministère du logement et l’ambition d’en finir avec le mal-logement ont disparu avec M. Apparu (http://www.jeudi-noir.org/Benoist-Apparu-Logement-Disparu.html),  l’objectif de Jeudi-Noir est évidemment d’interpeler et de donner le signal de la mobilisation : “Sur le front du logement, l’hiver sera chaud” explique Disco-King, mascotte de Jeudi-Noir.

Ce bâtiment c’est aussi le lieu de naissance de la marquise de Sévigné. Son occupation sonne comme un avertissement à tous ceux qui se sont endormis sur la question du logement ou qui semblent croire que “Tout va très bien madame la Marquise”.


LE PETIT LIVRE NOIR DU LOGEMENT

En ligne et en librairie !

Image_2

Posté par Anne_Simone à 00:36 - Simone militante - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »