01-12-09
Pour le climat et la justice sociale, mobilisations des 5 et 12 décembre
Initiatives de collectifs locaux référencés sur le site http://climatjustice.org, qu'ils se réfèrent à l'appel Urgence Climatique Justice Sociale ou pas. Pour plus d’informations sur les différents collectifs, visitez la page http://climatjustice.org/agir/
29-11-09
Pour le climat et la justice sociale - Tous dans la rue le 5 décembre !
A quelques semaines du sommet international de Copenhague (7 - 18
déc), les négociations sont dans l’impasse en raison des propositions
très insuffisantes des pays industrialisés comme les Etats- Unis ou
l’Union Européenne. Obama, Sarkozy, Merkel, Brown etc. ne sont pas à la
hauteur des enjeux. Toutes et tous, nous devons nous engager pour faire
entendre nos voix et porter nos exigences afin d’obtenir un accord
contraignant, juste et efficace.
A Paris le 5 décembre : Mobilisation !
C’est le système qu’il faut changer, pas le climat !

Mobilisons-nous maintenant
pour le climat et la justice sociale !
Le Tract est ici
Premiers Signataires : 4D, Acme France, Action Consommation, A.C !, AE2, Aitec – IPAM, Amis de la Terre,Attac France, Avenir Climat, Bizi !, CADTM France, Cniid, Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger, Collectif Tchinaghen, Confédération Paysanne, Ecorev’, ESSF, Fac Verte, France Libertés Fondation Danielle Mitterrand, Fondation Copernic, Fondation Sciences Citoyennes, France Amérique Latine, France Tibet, FSU, IDD, Ligue des Droits de l'Homme, MAN, Mémoire des Luttes, Mouvement de la Paix, MRJC, Ruptures, Réseau Sortir du Nucléaire, RITIMO, UFAL, Solidaires, Vélorution Paris Île-de-France, ZEP ...
27-11-09
Caravane Du Commerce au Climat Du sommet de l’OMC à Genève à celui du Climat à Copenhague
La Caravane Du Commerce au Climat reliera les sommets de l’OMC et du COP15 à la fois matériellement et politiquement, en organisant un déplacement collectif d’activistes de l’un à l’autre.
La caravane, deux bus avec plus de 30 représentants du Sud dans chacun, quitteront Genève le 3 déc. et atteigneront Copenhague le 9 déc., en empruntant deux routes différentes (l’une par la France et la Belgique, l’autre par l’Allemagne) et avec des étapes dans les villes intermédiaires pour des évènements variés: meetings, manifestations, actions symboliques, ateliers de travail, conférences de presse, rencontres avec organisations, responsables politiques, etc.
24-11-09
Uni(e)s contre une immigration jetable
A l’appel de 60 organisations
MANIFESTATION DIMANCHE 29 NOVEMBRE 2009 à PARIS
Des enfants arrêtés, des bébés en centre de rétention, des familles et des couples séparés, des lycéens et des étudiants forcés d’arrêter leurs études, des malades privés de soins, des exilés pourchassés, des travailleurs qui cotisent et n’ont aucun droits sociaux. Une main-d’oeuvre immigrée maintenue volontairement dans la précarité.Quotas d’expulsion, quotas de délits de solidarité, fichage, appels à la délation, traitement arbitraire et suspicion à tous les niveaux de l’administration, contrôles au faciès, enfermement, morts en fourgon, décès aux postes de police...
Les politiques d’immigration française et européenne désignent les étrangers comme une menace. Elles orientent nos sociétés vers une xénophobie d’Etat. Sous couvert de défendre une prétendue identité nationale, elles incitent au racisme et au repli communautaire.
Elles sont utilisées pour aggraver les régressions sociales dirigées contre toutes et tous.
L’instrumentalisation politique des questions d’immigration entraîne nos pays sur des pentes dangereuses. La France ne respecte pas ses engagements comme signataire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, de la Convention européenne des droits de l’homme, de la Convention internationale des droits de l’enfant, des textes qui défendent et protègent le droit de toutes et tous.
Nous n’acceptons pas les politiques commises en notre nom ! Nous voulons l’égalité des droits ! Pour une politique de l’immigration respectueuse des droits fondamentaux.
MANIFESTATION DIMANCHE 29 NOVEMBRE 2009 à Paris à 14H30 de la place Edmond Rostand (métro Luxembourg) au ministère de l’immigration
L’ascension des pays du Sud dans les négociations climatiques, entretien avec Amy Dahan
Dans les années 90, les négociations sur le climat
étaient une affaire euro-américaine. C’est aujourd’hui un problème
Nord-Sud, et donc le cadre privilégié pour poser les questions des
inégalités écologiques globales et de l’après-développement.
Le
changement climatique n’est plus en discussion : les prédictions du
GIEC liant augmentation de la température terrestre et émissions de gaz
à effet de serre font consensus. Ce qui est désormais en discussion
dans les négociations climatiques est la limitation du changement et
l’adaptation à ses conséquences. Privilégiant une modélisation globale
qui ne posait pas la question de l’origine des émissions, les
négociations entre des années 1990 étaient une affaire euro-américaine.
Le climat est aujourd’hui un problème Nord-Sud, le cadre privilégié
pour poser les questions des iné-galités écologiques globales et de
l’après-développement. Amy Dahan nous rappelle comment et pourquoi les
pays dits en développement ont occupé l’arène climatique.
Amy Dahan
est historienne des sciences, directrice de recherche au CNRS et
directrice adjointe du centre Alexandre Koyré. Elle a notamment
co-dirigé les travaux suivants : Les arènes climatiques : forums du futur ou foires aux palabres ? et Les Modèles du Futur, paru à La Découverte, Paris, 2007.
Mouvements : Historiquement, comment les pays du Sud ont-ils pris place dans le processus des négociations climatiques ?
Amy Dahan : Le processus est lancé en
1992 par le sommet de Rio, dans un contexte où l’ONU joue un rôle
important pour essayer de traiter les questions de développement
durable (ozone, lutte contre l’effet de serre, contre la
désertification…). Les pays en développement sont évidemment très
présents dans toutes ces arènes, et en particulier dans la Convention
cadre des Nations Unies sur le changement climatique (UNFCC), qui entre
en vigueur en 1994 et servira de creuset au processus de Kyoto. À ce
moment-là, déjà, 175 pays sont représentés. L’alerte climatique
proprement dite est un peu antérieure, avec la création de l’IPCC
(International panel of climate change – en français le GIEC) en 1988,
organisme singulier d’expertise dont premier rapport date de 1990. Son
rôle est majeur depuis ce moment.
En 1994, quand commence la Convention, le cadre scientifique dans
lequel on pose le problème de l’effet de serre est déjà stabilisé. Ce
cadre, c’est la problématique des modèles mathématisés et numérisés de
prédiction du climat, à partir desquels on scrute la circulation de
l’atmosphère, avec des modèles statistiques de climatologie, proches de
la météorologie. En input de ces modèles, on entre les émissions de gaz
à effet de serre. Ce qui en sort, c’est l’augmentation de la
température moyenne du globe, une variable fictive, qui sert à résoudre
le problème mathématisé. C’est donc un cadre tout à fait globalisant.
Où qu’elles aient lieu, d’où qu’elles viennent, les émissions ont une
équivalence en gaz à effet de serre. Le CO2 est ici la molécule clé, à
laquelle sont rapportés les autres gaz à effet de serre. On regarde à
100 ans, pour 2100. Et la fourchette d’augmentation de la température
moyenne, dès 1990, est de deux à six degrés de plus pour le siècle à
venir.
Un certain nombre de questions scientifiques sont discutées. On tient
encore peu compte des relations entre atmosphère, continents et océans,
de la végétation, qui entreront peu à peu en ligne de compte. Mais
globalement le cadre théorique a peu changé depuis lors. Il faut
souligner qu’à cette époque, les pays du Sud ne se sentent pas du tout
concernés. D’ailleurs on ne leur demande pratiquement rien. Jusqu’au
protocole de Kyoto en 1997, la négociation se déroule essentiellement
entre pays du Nord. Elle concerne les divers pays de l’Europe et les
États-Unis : quels seront leurs engagements respectifs de réductions
des gaz à effet de serre d’ici 2012 ? Elle concerne aussi la Russie en
profonde désindustrialisation, et qui cherche à n’avoir que des
objectifs très limités de réduction, de façon à disposer de « hot air »
à vendre. Pour les pays du Sud, la priorité est alors au développement
et ils ne voient pas pour quelle raison ils devraient s’occuper d’un
problème qui entrave ce développement alors que les pays industrialisés
du Nord ne se sont jamais posé la question depuis deux siècles. L’année
1990 choisie comme année de référence dans le protocole de Kyoto ne
signifie rien pour eux. Leur peu d’intérêt pour la question climatique
tient aussi au caractère encore controversé du changement climatique .
Pour aller vite, ils n’y croient pas !
M. : L’approche scientifique
globalisante, justement, n’aboutit-elle pas à éviter la question
politique fondamentale : d’où viennent les émissions, du Nord ou du
Sud ?
A. D. : Absolument : tout est globalisé.
Le deuxième groupe d’étude de l’IPCC, qui s’occupe des « impacts » et
des « vulnérabilités », n’est alors pas aussi important qu’aujourd’hui.
Le groupe majeur, qui lance l’alerte, c’est le groupe 1, celui des
sciences dures du climat, de ses bases physico-chimiques. Le troisième
groupe, celui des économistes, est censé proposer des mesures
politiques de limitation du changement climatique dans la perspective
de Kyoto : taxes ou permis, et mécanisme d’échange des permis. Toutes
ces mesures concernent donc les pays du Nord. L’affrontement le plus
dur se joue entre États-Unis, Europe et Russie, alors en plein
processus de désindustrialisation, qui a donc des émissions à vendre.
C’est pour cela que les États-Unis jouent un rôle majeur, face à
l’Europe, qui va adopter une position commune dès le début.
Aujourd’hui le principal clivage n’est plus celui-ci. Même si les
États-Unis gardent une place particulière, en raison du long boycott de
l’administration américaine, qui a tenu un rôle de bouc émissaire du
blocage général, aujourd’hui, désormais, les discussions essentielles
se passent entre les pays du Sud et ceux du Nord. Les pays du Sud
cherchent à apparaître comme un bloc, le G77 + la Chine, très
habilement. Aujourd’hui, ce bloc regroupe plus de 130 pays, dont la
Chine, l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du Sud. Cette coalition a joué
jusqu’à l’an dernier de façon très homogène, en camouflant ses
divergences, et possède un pouvoir important en raison de la règle « un
pays = une voix » qui caractérise les négociations climatiques.
M. : Comment expliquer cette
évolution des débats ? Est-ce dû au fait que les grandes questions
entre pays industrialisés ont été tranchées (marché des permis
d’émission par exemple), permettant de passer à d’autres débats ?
A. D. : En 1997, les États-Unis avaient
signé le protocole de Kyoto, mais n’avaient pas donné d’accord sur des
chiffres précis. Ce sont les accords de Marrakech qui ont précisé ces
questions, en 1999. Les États-Unis sont alors devenus très réticents et
ont pointé du doigt le problème des pays émergents, en leur demandant
de prendre aussi des engagements vu qu’à l’horizon 2020 ou 2030 ils
compteraient parmi les grands émetteurs de gaz à effet de serre. À
Kyoto ces pays n’avaient pas été pris en compte. Ils n’avaient par
exemple pas de bilans à produire. Cette pratique a émergé peu à peu, de
leur propre initiative mais en relation avec l’IPCC. Il y a eu des
conflits importants avec les pays du Sud. Au début, la Convention
souhaitait une agence internationale capable d’établir ces bilans, mais
les pays du Sud ont refusé, reconfigurant les positionnements des uns
et des autres. Ils ont contesté, dans les années 1990, la méthodologie
de l’IPCC, qui prenait pour année de référence 1990, en lui reprochant
d’« annuler le passé », de « naturaliser » le présent, tout en
globalisant le futur, considérant les émissions sans prendre en compte
ni leur origine, ni les conséquences économiques et sociales inégales
du danger climatique.
En fait les pays du Sud, dans les années 1990 ne croyaient pas au
changement climatique, et mettaient en avant uniquement le
développement. Ils ne se sentaient ni menacés, ni concernés. Ils
étaient très critiques de l’IPCC. Le changement est bien sûr lié au
caractère de plus en plus visible des signes du changement climatique,
en particulier ceux touchant les pays de la zone tropicale. Mais il
tient aussi aux dynamiques propres de la négociation climat. En 1995
est créé le SBSTA (Subsidiary body for scientific and technologic
advice - Conseil scientifique et technologique), entre science et
politique, pour mettre en scène les débats. Il jouera bien son rôle
pour gagner la confiance des politiques, sans concurrencer le premier
instrument scientifique, l’IPCC. Le SBSTA s’adressera à l’IPCC, qui se
repositionne et réussit à négocier sa position d’instance scientifique
pure, tout en gagnant la confiance politique des pays en développement.
L’IPCC lance des études sur des sujets qui préoccupent les pays du Sud,
sur les forêts, l’usage des sols… Elle adopte une attitude d’ouverture,
pratique une expertise réflexive et intègre des personnalités des pays
du Sud, à parité avec les pays du Nord, dans la direction et la
rédaction de ses rapports d’évaluation (parus successivement en 1990,
1995, 2001 et 2007).
M. : Une des conséquences aura été de constituer un groupe d’experts du Nord et du Sud intégrés au processus…
A. D. : Si l’on fait le bilan, le groupe
2 va monter en puissance, parce que les pays du Sud peu à peu vont
prendre conscience de l’alerte climatique. Les pays du Sud oscillent
entre le SBSTA, organisme d’expertise scientifique de la Convention, et
le SBI (Subsidiary body of implementation – Organe subsidiaire de mise
en œuvre), le groupe de mise en œuvre. Le SBSTA devient donc très
important, mais chaque fois qu’il y a une controverse, on demande une
expertise à l’IPCC, et les choses avancent. On assiste donc à un
réinvestissement très net des pays du Sud.
La COP 8 de New Delhi en 2002 marque un tournant. On sait que George W.
Bush ne ratifiera pas la Convention, et les pays du G77 commencèrent
alors à prendre la parole. Se crée une conjonction momentanée entre ces
pays et les États-Unis, pour reporter le temps de l’action, pour ne
prendre aucun engagement à l’horizon 2020 contrairement aux pays comme
l’Europe, qui veulent faire avancer le protocole de Kyoto, qui ne sera
adopté réellement qu’en 2004.
C’est à ce moment-là qu’apparaît le thème de « l’adaptation », qui
explose deux ans plus tard à Buenos Aires en 2004. Ce fut la COP
(Conférence des parties) 10, la « COP de l’adaptation ». Les pays en
développement ont alors mis en œuvre une stratégie cohérente en
disant : le changement climatique est en cours et nous en sommes les
premières victimes. On passe de la contestation du changement
climatique à une demande de financement pour s’y adapter. Cette
évolution est liée notamment à l’action des pays directement menacés,
comme Tuvalu ou le Bengladesh. Ces pays, petits ou pauvres, ont envoyé
des personnalités très bien formées au Nord qui auront un fort impact
dans les négociations. Le groupe 2, appelé « impacts », devient
« impacts et vulnérabilité ». On tient compte des questions locales, de
la littérature grise des pays en développement même si elle ne paraît
pas dans les grandes revues avec référis...
Par ailleurs, une des premières questions de controverses de la
décennie précédente, celle des forêts, témoigne exemplairement de la
nouvelle prise en main récente par les Pays en Développement de leurs
intérêts. Selon l’IPCC, la déforestation représente près de 20 % des
GES et touche majoritairement les PED. Divers pays, comme Costa Rica ou
la Nouvelle Papouasie ont bataillé sur ce terrain. À Bali, en 2007, la
décision a été prise finalement d’inclure dans le processus du
protocole de Kyoto, un mécanisme financier pour rémunérer les pays qui
réduisent les émissions issues de la déforestation et de la dégradation
des forêts.
M. : Quelle est l’attitude des grands pays émergents dans ce jeu diplomatique ?
A. D. : Pour l’Inde, la politique
climatique reste assez floue. Il n’y a pas de vrai plan climat. La
direction du pays n’en a jamais fait une priorité. Il faut dire que
tout le Sud-est asiatique va souffrir d’un problème d’eau majeur, à
cause du recul des glaciers de l’Himalaya et que, par rapport à ce
danger, l’Inde se sent moins menacée. L’Inde est toujours apparue moins
engagée que la Chine. À Poznan, en 2008, au moment de présenter son
scénario énergétique, la Chine misait beaucoup sur des technologies de
séquestration du carbone, à l’inverse des Indiens qui disposent de
moins d’espace pour mettre en œuvre ces procédés. On dit souvent qu’il
est plus facile de traiter avec la Chine qu’avec l’Inde, car les
dirigeants chinois ne sont pas soumis à un contrôle démocratique.
Là où l’Inde a été dure en négociation, elle a failli faire capoter le
sommet de Bali en 2007, c’est lorsque ses représentants ont demandé des
engagements à 2020 (pour les pays du Nord), mais rien à l’horizon 2050,
pour ne pas contraindre son développement. Une position extrêmement
dure, davantage que celle de la Chine. Depuis Bali, pendant les deux
années avant Copenhague, quatre problèmes ont été identifiés :
l’adaptation, la mitigation (les engagements de réduction des GES), les
transferts technologiques du Nord au Sud sans brevet et les transferts
financiers. C’est l’identification de ces quatre piliers à négocier
conjointement, qui a constitué le « mandat de Bali » (pour Copenhague)
et sauvé la conférence mais de fait on n’a rien décidé d’autre. À la
conférence de Poznan, Obama était déjà élu mais pas encore en fonction,
si bien que rien n’a été décidé non plus.
La Chine quant à elle a longtemps refusé d’entendre parler du climat,
en se focalisant sur sa croissance à plus de 10 %. Mais l’année
dernière, ses émissions, en valeur absolue, ont dépassé celles des
États-Unis. Dès lors, aucun accord n’est possible sans un engagement
des pays émergents. La Chine a élaboré un plan climat en 2004 assez
sérieux, et a commencé à le mettre en œuvre. D’abord réticente, c’est
aujourd’hui le premier pays pour le MDP (Mécanisme de développement
propre), réalisant les bénéfices économiques et politiques que ce
mécanisme pouvait lui apporter avec des investissements étrangers
importants. Les chinois veulent passer de 6 % d’énergies renouvelables
aujourd’hui à 20 % en 2020. Il y a là-bas des régions couvertes
d’éoliennes sur des kilomètres et des kilomètres. Le pays est en train
de dépasser l’Allemagne dans l’exportation de cellules solaires. De
fait, ils investissent énormément dans ce domaine, mais dans un
contexte où leurs émissions continuent d’augmenter, à cause d’un
urbanisme démentiel et d’un développement des automobiles exponentiel.
L’espace des désirs, des aspirations des gens en Chine, ça reste le
modèle américain. Certaines villes nouvelles ressemblent à certaines
américaines moches ‘et pauvres) de l’intérieur : de grandes avenues
très larges, des bâtiments qui se succèdent, beaucoup de publicités,
très peu de pensées nouvelles, une densité affolante de voitures, même
si la possession de voitures reste très minoritaire. On estime que
qu’une classe moyenne chinoise, composée de 300 à 400 millions de
personnes, a un revenu moyen de 10 000 dollars par tête et par an et
peut consommer. Les Chinois possèdent énormément de deux roues
électriques, de fait très polluants puisque fonctionnant grâce à
l’exploitation du charbon. J’ai le sentiment en Chine qu’il n’y a pas
d’alternative au mode de consommation à l’américaine, qui reste un
horizon de désir et de développement.
Le gouvernement chinois a créé de nouvelles agences et un département
du changement climatique. Et il a introduit l’idée de politiques
d’émissions différenciées suivant les régions géographiques du pays,
avec des mécanismes d’éco-compensation entre provinces, notamment un
transfert de l’Est vers l’Ouest. Ce qui signifie que les mécanismes
compensatoires et de flexibilité, mis en place dans le cadre
international du processus de Kyoto entre pays du Nord et pays en
développement, ont été transférés à l’intérieur même de la Chine, et
adaptés entre régions de l’Est plus développées (industrialisées et
urbanisées) et régions de l’Ouest (jugées plus arriérées et pauvres).
Les responsables rencontrés en Chine insistent sur le low-carbon path
que la Chine devrait emprunter, expression jugée désormais préférable à
celle de “sustainable development” moins précise ou plus floue. Les
responsables chinois que j’ai rencontrés disent que le pouvoir central
est convaincu de la gravité du risque climatique, mais reste freiné par
les autorités locales et les pouvoirs provinciaux. L’évolution est donc
très lente, d’autant plus que d’innombrables bâtiments sont construits
aujourd’hui pour plusieurs décennies sans isolation thermique
satisfaisante, alors même que les écarts de température en Chine sont
très importants. La Chine et les États-Unis partagent de fait des
caractéristiques communes comme d’immenses espaces vides (déserts) et
une densité forte en certains endroits (les côtes, le Sud), des
réserves importantes de charbon et des préoccupations de sécurité
énergétique. Les deux pays peuvent donc nouer des alliances, autour des
technologies vertes. Et se focaliser sur la séquestration du carbone.
M. : Quelles sont les limites de
Kyoto et du processus de négociations climatiques à propos de la prise
en compte des inégalités ?
A. D. : Aujourd’hui, les Pays en
Développement ont reconfiguré la négociation climatique et introduit
massivement leurs préoccupations. La signification de cette victoire
est stratégique : les arènes climatiques sont devenues depuis 4 ou 5
ans des enceintes privilégiées de discussions sur le développement. En
l’absence d’autres arènes sur ce problème, depuis Johannesburg (2002),
la question climatique a reconfiguré l’ensemble des questions relevant
du développement durable et absorbé beaucoup d’entre elles. Ce qui
alourdit d’autant la barque d’un futur accord prenant la suite de celui
de Kyoto.
Les difficultés et les défis sont énormes. Il s’agit de problèmes de
responsabilités et d’équité : à qui attribuer les responsabilités ?
Peut-on même parler de responsabilités à propos d’émissions qui datent
d’une époque où le problème était inconnu. De même, pour l’équité :
comment établir des formules de burden-sharing (partage du fardeau)
acceptées par tous ? Quelques mécanismes ont été proposés avant tout
pour établir le montant des transferts financiers, mais on est loin du
compte. Il s’agit de savoir si les pays développés vont pouvoir aider à
faire émerger des conditions de vie décentes et un mode de
développement soutenable pour la planète, avec 9 milliards de personnes
en 2050.
Même si Copenhague réussit, on n’a aucune garantie, il faudra toujours
des mobilisations, c’est une bataille de tous les jours. La bataille
sur les transferts commence. Les pays riches ne donnent aujourd’hui
presque rien. Certes, depuis quinze ans, un certain nombre de choses
ont énormément avancé dans les mentalités, notamment en Europe. Mais
aux États-Unis, on en reste plutôt au mode de vie non-négociable : la
voiture en permanence, l’absence de tri des déchets, la surconsommation
d’eau... sont des comportements très ancrés.
M. : On se dirige donc vers des politiques énergétiques qui prennent le pas sur des politiques climat…
A. D. : Oui, c’est un déplacement général
vers la question de la sécurité de l’approvisionnement énergétique. La
fixation d’objectifs généraux de limitation des émissions GES permet de
respecter les souverainetés nationales, en laissant à chaque pays les
mains libres d’atteindre leur objectif national à sa manière, sans
s’ingérer dans les modes de vie, les modes de production ou de
consommation.
Publié par Mouvements, le 20 novembre 2009.
http://www.mouvements.info/L-ascension-des-pays-du-Sud-dans.html
11-11-09
Ecologie et solidarité internationale
Texte de Gustave Massiah du 25 octobre 2009 alors que le KlimaForum de Copenhague approche.
Le terme d’écologie a subi en un peu plus d’un siècle un glissement
fondamental qui l’a conduit de la sphère biologique à la sphère
politique. Il apparaissait en 1866 comme une manière de définir l’étude
des milieux pour les organismes vivants. Il est aujourd’hui un outil de
la pensée politique qui voudrait réintégrer la nature, son évolution et
les usages que nous en faisons, dans la façon d’organiser les sociétés.
La dimension écologique s’est affirmée comme un nouveau paradigme de la
transformation des sociétés. Elle est confrontée à d’autres
dimensions : la justice sociale ; les droits et les libertés ; la
géopolitique et la solidarité internationale. L’articulation entre ces
dimensions caractérise l’écologie et qualifie les réponses qui sont
proposées en son nom. Nous explorerons ici le rapport entre l’écologie
et la solidarité internationale. Pour le faire, nous ne partirons pas
des catastrophes écologiques et des solidarités événementielles qui se
sont créées à leur suite. Nous nous intéresserons plutôt à l’histoire
de la convergence entre les mouvements écologiques et les mouvements de
solidarité internationale qui pose cette question sur la durée. Sur ce
point, les positions que les mouvements sociaux et citoyens prennent
vis-à-vis de la Conférence de Copenhague sur le changement climatique
en éclairent les enjeux. Afin de comprendre comment se sont formées les
questions en débat, il faut voir qu’en 1992, déjà, la convergence entre
les écologistes et les associations de solidarité internationale avait
marqué la Conférence de Rio sur Environnement et Développement. A
partir de cette évolution, nous pourrons revenir sur les questions
posées aux mouvements sociaux et citoyens dans la période actuelle, par
rapport à la crise de la phase néolibérale de la mondialisation
capitaliste.
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06-11-09
Lobby Planet Paris

Sortie le 20 novembre
Lobby Planet Paris
Ces mains invisibles qui guident les politiques
Parce que le lobbying est une jungle, il vous fallait bien un guide de voyage pour partir à sa découverte
Ce guide touristique propose un aperçu thématique de l'influence des grandes entreprises sur les décisions politiques et sur la démocratie. A travers 52 adresses et 5 exemples concrets et documentés, vous apprendrez les moyens usés par les entreprises pour préserver ou agrandir leurs marchés, faire taire leurs détracteurs. Cela parfois au détriment de la santé publique et des vies humaines. Bien à l'abri du contrôle démocratique, la main invisible du marché contraint bel et bien la décision politique. Ce guide met un coup de projecteur sur les cabinets de lobbyistes, leurs organisations professionnelles, les réseaux, leurs méthodes et leurs tours préférés.
Le site de Lobby Planet Paris (encore en construction)
Le bon de commande est d'ores et déjà téléchargeable ici
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Avec la Participation des collectifs TCHINAGHEN
et AREVA NE FERA PAS LA LOI AU NIGER
Chapitre Energie
Article : "De Paris à Niamey Areva veut faire la loi"
04-11-09
Signez !
Au titre de la réparation nous demandons la régularisation pour les 19 afghans de Nîmes!
Les mal-logés se sont installés place des Vosges !
Il faut dire que la période est riche en anniversaires. Cela fait trois ans que Jeudi-Noir a démarré ses premières actions (: pour dénoncer la cherté des loyers et la bulle immobilière. Mais on “fête” également les 80 ans du vrai Jeudi-Noir, celui de Wall Street (24 octobre 1929).
Pour l’occasion, les militants de Jeudi-Noir ont donc réquisitionné un bâtiment de plus de 2000m² abandonné depuis… 1965, mais régulièrement rénové pour rien !
C’est jeudi soir, que les militants de Jeudi-Noir (vous suivez toujours ?) sont entrés dans les lieux. Aujourd’hui, veille de l’entrée en vigueur de la trêve hivernale à Paris, les jeunes galériens du logement vous invitent à leur emménagement. Ils se sont en effet engagés à quitter le bâtiment du 14 passage de la bonne graine pour laisser place aux travaux du futur foyer de travailleurs migrants. Mais ADOMA et la mairie de Paris tardent à concrétiser leurs engagements en matière de relogements.
Alors que le ministère du logement et l’ambition d’en finir avec le mal-logement ont disparu avec M. Apparu (http://www.jeudi-noir.org/Benoist-Apparu-Logement-Disparu.html), l’objectif de Jeudi-Noir est évidemment d’interpeler et de donner le signal de la mobilisation : “Sur le front du logement, l’hiver sera chaud” explique Disco-King, mascotte de Jeudi-Noir.
Ce bâtiment c’est aussi le lieu de naissance de la marquise de Sévigné. Son occupation sonne comme un avertissement à tous ceux qui se sont endormis sur la question du logement ou qui semblent croire que “Tout va très bien madame la Marquise”.
LE PETIT LIVRE NOIR DU LOGEMENT
En ligne et en librairie !









