27-06-09
Niger - Les opposants au référendum veulent le départ de Tandja
NIAMEY, 26 juin (Reuters) - La principale coalition des
partis et associations opposés à un référendum constitutionnel
au Niger a demandé samedi la démission du président Mamadou
Tandja.
Dans une déclaration à la presse, le Front pour la défense
de la démocratie (FDD), qui accuse Tandja d'avoir mené un coup
d'Etat en s'octroyant des pouvoirs exceptionnels, appelle les
forces de défense et de sécurité à la désobéissance.
Face au rejet de son projet de référendum sur une nouvelle
constitution, le président Tandja a annoncé vendredi soir qu'il
gouvernerait par ordonnances et décrets.
"En agissant ainsi, le président Tandja s'est autoproclamé
dictateur", affirme le FDD, qui annonce qu'"à partir
d'aujourd'hui, le président de la République est en état
d'empêchement absolu" et qu'il demande en conséquence sa
démission.
La constitution donne au chef de l'Etat le pouvoir de
prendre des mesures exceptionnelles lorsque le fonctionnement
régulier des pouvoirs publics est en danger.
Le 12 juin, la cour constitutionnelle, juridiction suprême
de l'Etat, a déclaré le projet de référendum contraire à la loi
fondamentale et abrogé un décret présidentiel convoquant le
corps électoral le 4 août. Le 26 juin, la juridiction a rejeté à
nouveau une requête présidentielle lui enjoignant de se
rétracter.
Le président Tandja, qui est âgé de 71 ans, achève le 22
décembre un second mandat de cinq ans, sans possibilité de
briguer sa propre succession, aux termes de la constitution en
vigueur depuis 1999.
Mais il défend le passage à une VIe République avec une
nouvelle constitution et l'instauration d'une période de
transition qui lui permettrait de demeurer au pouvoir trois
années supplémentaires.
Le chef de l'Etat juge ce délai nécessaire pour instaurer un
régime présidentiel en bonne et due forme, qui permettrait de
surmonter les difficultés dues au système en vigueur.
L'opinion, ajoute-t-il, souhaite le voir mener à bien une
série de grands travaux, notamment un barrage hydroélectrique,
une raffinerie de pétrole et la mine d'uranium d'Imouraren, pour
laquelle le groupe français Areva s'est engagé à investir 1,2
milliard d'euros.
La réforme constitutionnelle présentée début mai par son
gouvernement est dénoncée par l'opposition, les syndicats et des
institutions internationales comme la Communauté économique des
Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao).
(Abdoulaye Massalatchi, édité par Guy Kerivel)
Niger : l'opposition dénonce le coup d'Etat du président
L'opposition nigérienne, regroupée dans le Front de défense de la démocratie (FDD), a dénoncé samedi 27 juin le "coup d'état" perpétré par le président Mamadou Tandja qui s'est arrogé vendredi des "pouvoirs exceptionnels".
Le président du Front, Mahamadou Issoufou, battu deux fois à la présidentielle par Mamadou Tandja en 1999 et 2004, a appelé les forces de sécurité et de défense à "refuser d'obéir aux ordres d'un homme qui a pris l'option délibérée de violer la Constitution et qui a désormais perdu toute légitimité politique et morale".
Agé de 71 ans, Mamadou Tandja doit quitter son poste en décembre au terme de deux quinquennats consécutifs, mais il s'accroche au pouvoir. Face au rejet vendredi par le parlement de son projet de référendum sur une nouvelle constitution visant à lui permettre de rester à la tête du pays, il a annoncé qu'il gouvernerait par ordonnances et décrets.
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 27.06.09 | 15h26
Le président Tandja isolé, dégaine l'article 53

Le projet de référendum du chef de l'Etat fait grincer des dents y compris dans les ransg de son propre parti. La semaine dernière, les présidents du MNSD (Mouvement national pour la société de développement), de la CDS (Convention démocratique et sociale), du RDP (Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès) et du RDS (Rassemblement pour le développement et la solidarité), partis proches du chef de l'Etat, ont remis au président Tandja un message commun lui demandant de respecter l'arrêt de la cour. Mais en vain. Quelques jours plus tard, le président de la République demandait à la cour de se déjuger et de renoncer à sa décision.
Cette tentation de vouloir passer en force crée un réel malaise au sein même du MNSD. Aucun cacique du parti, ne s'exprime ouvertement pour soutenir le projet du chef de l'Etat. D'ailleurs, des personnalités, au sein du gouvernement tout comme au MNSD manifestent discrètement leur gêne. Au point qu'ils ont missionné Mahamane Ousmane de la CDS, jusqu'à ces derniers jours, pour faire passer le message au président.
Mais la CDS a décidé de jeter l'éponge et de choisir son camp : celui du respect de la Constitution et des acquis démocratiques. La convention démocratique et sociale a également lancé son mouvement, le MDDR (Mouvement pour la défense de la démocratie et la République). Elle invite le MNSD et ses proches à la rejoindre. Le RDR pourrait se prononcer dimanche.

Tandja revendique des « pouvoirs exceptionnels »

par RFI Article publié le 26/06/2009
Le président nigérien Mamadou Tandja a annoncé ce vendredi à la télévision publique qu'il prenait des « pouvoirs exceptionnels » et allait désormais gouverner par décrets et ordonnances. Une décision motivée par le refus de la Cour constitutionnelle de revenir sur l' arrêt refusant le référendum qu'il voulait organiser pour se maintenir au pouvoir.Mamadou Tandja a annoncé qu'il allait avoir recours aux pouvoirs exceptionnels que lui confère l'article 53 de la Constitution. Dans un message radio-télévisé à la nation, le chef de l'Etat nigérien a estimé que « le gouvernement et le président sont contrariés dans leurs actions faute d'instruments juridiques ». Il va donc « utiliser tous les pouvoirs que lui confère la loi pour diriger correctement le pays et pour préserver l'intérêt supérieur du Niger ».
Par ailleurs, ce vendredi, la Cour constitutionnelle a rejeté la requête du président Mamadou Tandja. Ce dernier avait saisi cette instance pour lui demander de renoncer à son arrêt du 12 juin dernier qui annulait le décret convoquant le référendum.
La Cour a estimé que cette requête n'était autre qu'un recours contre l'arrêt. Or selon la Constitution, « les arrêts de la Cour s'imposent à tous et ne sont susceptibles d'aucun recours ».
Extrait de l'allocution radio-télévisée du président Tandja vendredi soir
http://www.rfi.fr/actufr/articles/114/article_82214.asp
«... garant du fonctionnement régulier des pouvoirs publics et de la continuité de l'Etat, je voudrais vous réaffirmer mon ferme engagement à donner tout son sens et sa portée à l'article 53 qui, en pareilles circonstances, fait obligation au président de la République de prendre les mesures exceptionnelles nécessaires...»
Réaction critique de Soly Abdouramane, ancien procureur général et ancien ministre de la Justice du Niger. Il estime que les règles autorisant le recours à l'article 53 de la constitution ne sont pas respectées. Une nouvelle étape dans la crise institutionnelle aurait été franchie.
Ecoutez sur le site de RFI :
http://www.rfi.fr/actufr/articles/114/article_82214.asp
Niger: le président prend des "pouvoirs exceptionnels"
NIAMEY (AFP) - vendredi 26 juin 2009 - 23h37 - Le président nigérien Mamadou Tandja a annoncé vendredi soir à la télévision publique qu'il prenait des "pouvoirs exceptionnels" après un refus de la Cour constitutionnelle de revenir sur son arrêt refusant le référendum qu'il voulait pour se maintenir au pouvoir.
Dans une allocution télévisée, M. Tandja a décidé d'"activer l'article 58 de la constitution" qui, lorsque "l'indépendance de la République est menacée", permet au président de gouverner par le biais d'ordonnances et décrets.
M. Tandja, qui souhaite rester au pouvoir par tous les moyens après deux quinquennats consécutifs, a déjà dissous le parlement il y a quelques semaines.
Selon l'article 58, le président "prend les mesures exceptionnelles exigées par les circonstances après consultation du Premier ministre, du président de l'Assemblée nationale (dissoute récemment par le président, ndlr), le président du conseil constitutionnel, et le président de la cour suprême".
Agé de 71 ans, le président avait convoqué un référendum le 4 août prochain en vue de modifier la constitution, ce qui lui aurait permis de briguer un troisième mandat consécutif, mais la plus haute juridiction du pays avait refusé d'avaliser son projet le 12 Juin.
Dans la foulée, la commission électorale nationale avait dès le lendemain "zappé" le référendum voulu par le président et convoqué des législatives anticipées le 20 août, à la suite de la dissolution de l'assemblée nationale par le président le 26 mai.
De plus en plus seul, Mamadou Tandja a été lâché jeudi par le principal parti qui le soutenait et a annoncé le retrait de ses huit ministres au gouvernement pour protester contre le projet de nouvelle Constitution via référendum.
La Convention démocratique et sociale (CDS) a indiqué avoir annoncé dès mercredi au Premier ministre Seyni Oumarou cette décision "motivée par la divergence d'appréciation entre notre formation et le gouvernement relativement à la question du référendum constitutionnel".
L'appui décisif de la CDS, dirigée par le président du Parlement dissous Mahamane Ousmane, avait avait été décisif pour l'élection de M. Tandja en 1999 et 2004.
La CDS détenait notamment dans le gouvernement les portefeuilles de la Défense, de la Santé, de la Jeunesse et des Sports ou encore de la lutte contre la vie chère.
© AFP
NIGER:Le President Tanja va gouverner par decret
NIAMEY - Face au rejet de son projet de référendum sur une nouvelle constitution, le président du Niger, Mamadou Tandja, a annoncé qu'il gouvernerait par ordonnances et décrets.
La constitution lui donne le pouvoir de prendre des mesures exceptionnelles lorsque le fonctionnement régulier des pouvoirs publics est en danger.
Dans un message diffusé vendredi soir par la radio et la télévision publiques, il souligne qu'il s'agit "de continuer à sauvegarder l'essentiel des fondements de la nation et de préserver les intérêts du peuple en toute circonstance".
Le président Tandja, qui est âgé 71 ans, achève le 22 décembre un second mandat de cinq ans, sans possibilité de briguer sa propre succession, aux terme de la constitution en vigueur depuis 1999.
Mais il défend le passage à une VIe République avec une nouvelle constitution et l'instauration d'une période de transition qui lui permettrait de demeurer au pouvoir trois années supplémentaires.
Le projet présenté début mai par son gouvernement est dénoncé par l'opposition, les syndicats et des institutions internationales comme la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao).
"Je ferai usage, et cela sans faiblesse, de tous les pouvoirs que me confèrent les lois et règlements de la république en vue de trouver une solution à cette situation de blocage que certains sont malheureusement fiers de présenter comme le fruit de leur opération de sape", a-t-il ajouté.
Cette
annonce intervient alors que la cour constitutionnelle du pays a rejeté
vendredi une requête présidentielle qui demandait à la haute
juridiction de revenir sur la décision du 12 juin par laquelle elle a
annulé la convocation d'un référendum sur une nouvelle constitution.
Reuters,26/06/2009
26-06-09
Les observatoires de santé d'Areva au Niger et au Gabon : Payer (un peu) pour polluer librement - Communiqué du 24 juin 2009
Le 19 juin dernier, Areva a annoncé la mise en œuvre d'observatoires
de la santé sur ses différents sites miniers, en particulier au Gabon
puis au Niger, en accord avec des
associations (Médecins du monde, Sherpa)
Cet accord intervient peu après l'inauguration de la gigantesque mine d'Imouraren au Niger, dont l'exploitation fait craindre des conséquences désastreuses. Conséquences déjà bien visibles autour d'autres mines que la Cogema, devenu Areva, exploitent depuis 50 ans à Arlit.
Des organisations et des autorités locales y dénoncent depuis des années les ravages sanitaires, sociaux et environnementaux causées par Areva. Car ce sont non seulement les travailleurs des mines, mais aussi les quelque 60.000 habitants de la ville d'Arlit qui sont potentiellement touchés par la pollution de l'eau et les déchets radioactifs que l'on retrouve même, à l'air libre, à proximité de l'hôpital.
Areva a donc toujours ignoré les revendications des populations réclamant des mesures pour réduire les dégâts causés par l'exploitation uranifère, à l'exception d'actions mineures (normes de sécurité pour les travailleurs des mines, récupération de matériaux contaminés utilisés par les habitants d'Arlit).
Cet accord viserait à indemniser les seuls travailleurs des mines qui en font la demande et pouvant prouver les liens entre leur maladie et leur activité ; à faire apparaître les évolutions de l'état de santé des populations locales ; à « faire des propositions pour l'amélioration de l'hygiène et de la sécurité sanitaire des sites miniers ». Mais cet accord soulève de nombreuses questions sur sa mise en œuvre :
- Areva est omniprésente dans ces observatoires. Elle est aussi l'unique pourvoyeur de fonds de ce projet. N'est-elle donc pas juge et partie ? Ces observatoires de la santé peuvent-ils donc travailler en toute indépendance ?
- Comment ces observatoires peuvent afficher leur objectif d'indemnisation et passer outre tout engagement relatif à l'information, la prévention, ou la sensibilisation des populations sur les risques sanitaires ?
- Areva peut-elle donc décider elle-même de l'indemnisation des dégâts dont elle est responsable ? N'est-ce pas le rôle d'une autorité judiciaire indépendante ?
- L'accord parle d' «impact éventuel » des activités minières alors que l'impact sanitaire et environnemental (traitement des déchets, l'emprise sur les ressources en eau …) a déjà été documenté. Faut-il attendre que des personnes soient malades pour s'en alarmer ? Pourquoi cet accord ne part-il pas du principe de précaution ?
Il apparaît donc que la mise en place de ces observatoires de la santé s'inscrive davantage dans une opération de communication destinée à redorer l'image désastreuse d'Areva qui communique massivement sur le « développement durable » et l'« énergie propre ».
Areva trompe aussi l'opinion publique en séparant la question sanitaire de la question environnementale, comme si l'une et l'autre n'étaient pas inextricablement liées. Au Niger, Areva continue donc à exploiter l'uranium sans se soucier de la pollution qu'elle engendre. Elle continue à épuiser les ressources hydriques dans une région qui en manque cruellement.
Cet accord apporte également une caution sociale à Areva, ce qui devrait faciliter l'obtention d'un financement du projet d'Imouraren par la Banque européenne d'investissement (BEI) à hauteur de 1,2 milliards d'euros. Une décision qui devrait tomber dans les prochaines semaines !
Par cet accord, Areva tente également de se dégager de sa responsabilité pénale et civile à moindre coût. Cet accord limité à la santé des seuls travailleurs des mines (et non des populations) devrait concerner, annuellement pour le Niger, entre 15 et 30 personnes.
Le Collectif : %Attac – Beyond Nuclear - Cedetim - CNT - Collectif Tchinaghen - Les Verts – NPA - Réseau Sortir du Nucléaire – Stop Marchands de Sable - Sud Energie/Solidaires - Survie - Via Campesina
Email : arevaneferapaslaloi@gmail.com
Site : http://areva.niger.free.fr
NIGER / PROJET DE REFERENDUM DE TANDJA Huit ministres démissionnent
Huit ministres nigériens, membre de la Convention démocratique et sociale (Cds), principal allié du Président Mamadou Tandja, ont présenté jeudi leur démission du gouvernement en signe de protestation contre le projet de référendum envisagé par le Chef de l’Etat, a appris Apa de bonne source à Niameye.
Le président Tandja a l’intention de
faire adopter une nouvelle constitution qui lui permettrait de se
maintenir au pouvoir, à laquelle s’opposent de plus en plus forces
vives du pays encouragées par les revers infligés par les plus hautes
instances judiciaires du Niger. « Nous avions annoncé au Premier
ministre, chef du gouvernement le retrait des ministres du Cds du
gouvernement, en raison des divergences d’appréciation entre notre
parti et le gouvernement sur le référendum constitutionnel » a affirmé
Chaibou Maman, le porte-parole de Cds.
Arrivée par deux fois successives à la troisième place
aux élections présidentielles de 1999 et 2009, le CDS a toujours
soutenu la candidature du Président Tandja,occupant également la
présidence de l’Assemblée nationale à travers son président, Elhadj
Mahamane Ousmane.
« Le Cds est fier d’avoir contribué, dix ans durant,
à la stabilité du politique, économique et sociale de notre pays »
a-t-il indiqué.
Mardi dernier, la formation a invité le Président
Tandja à mettre fin à la « cacophonie » suscitée par son projet de
référendum, l’invitant aussi à intervenir pour résorber les
« ambiguïtés persistantes » entretenues par certains propagandistes du
référendum, en dépit de l’arrêt de la Cour constitutionnelle qui le
déclare non conforme à la Constitution.
Mercredi, le Chef de l’Etat persiste et signe et le
fait savoir dans une requête adressée à la Cour Constitutionnelle pour
demander à celle-ci de constater que son arrêt « n’existe pas », selon
le mot de Mohamed Ben Omar, le porte-parole du gouvernement. « Cette
requête risque d’être déclarée irrecevable par la Cour (…) elle ne
saurait passer, le Président n’a pas ce droit » a indiqué Soli
Abdourahamane, ancien procureur général prés la Cour suprême du Niger.
Agé de 71 ans, le Président Tandja, élu en 1999 puis
réélu en novembre 2004, sous la bannière du Mnsd avec le soutien du Cds
arrivé troisième au premier tour, ne peut plus se représenter après
deux mandats successifs, selon les dispositions de la constitution du
Niger.
Mais depuis quelques temps, le Chef de l’Etat multiplie les
tentatives pour modifier la constitution et obtenir une prolongation de
son mandat présidentiel, convoquant même le collège électoral à un
référendum constitutionnel fixé au 4 août prochain.
(Apa) 26/06/09
Niger : Qui donc arrêtera Tandja ?
Rappel des
faits : logiquement, Tandja quittera le pouvoir le 22 décembre prochain
au terme de son second mandat. Mais celui-ci, sous le prétexte d’avoir
toujours des chantiers à achever, souhaitait une « légère prolongation
de 2 ans ». Certains partis, notamment ceux de l’opposition, la société
civile et l’Assemblée nationale ont fait un tir de barrage pour
manifester leur refus catégorique. Malgré tout et sans lâcher prise,
cela n’a pas empêché l’homme fort de Niamey de tenter de modifier la
Constitution après avoir dissous le Parlement le 26 mai. La Cour
constitutionnelle est entrée en jeu qui a opposé une fin de
non-recevoir à l’organisation d’un référendum. Que restait-il alors à
faire si ce n’était tenir des législatives anticipées pour remplacer
l’Assemblée dissoute ? D’ailleurs, la date du 20 août 2009 a été
retenue pour ce scrutin.
L’on se disait alors que la sagesse allait revisiter Tandja et qu’après un temps de silence, ce dernier mûrirait la réflexion et reverrait à la baisse son appétit du pouvoir d’Etat. Que nenni. En pleine tourmente et dans la confusion générale, il n’a pas trouvé mieux que de demander, à travers la radio, à la Cour constitutionnelle de reconsidérer sa position tout en réexaminant, aussi bien dans le fond que dans la forme, le recours auprès d’elle introduite au sujet de l’organisation d’un référendum.
Cette sortie médiatique vient encore confirmer que Tandja ne veut pas capituler malgré les obstacles qui se dressent devant lui. Ce que le président nigérien n’aurait pas encore compris, c’est qu’il est en train de s’enfoncer dans un gouffre, et au fil du temps l’étau se resserre autour de lui.
Tenez, la dernière en date, c’est le retrait des ministres du parti de la Convention démocratique et sociale (CDS) du gouvernement. Cette formation politique, dirigée par Mahamane Ousmane, président du Parlement dissous, était le principal allié du parti du chef de l’Etat, le MNSD-Nassara.
C’est d’ailleurs la CDS qui avait permis à Tandja de triompher aux élections présidentielles de 1999 et 2004. La décision de la CDS est un signal fort, car c’est un soutien de taille que perd l’entêté président. Si ce n’est pas l’obsession de se cramponner au fauteuil présidentiel, nous croyons très humblement qu’il ne reste plus rien à faire pour le compagnon d’armes de Moumouni Adamou Djermakoye.
Le moins que l’on puisse constater est que toutes les issues semblent être bouchées, sauf, peut-être, se faire soi-même un coup d’Etat pour ensuite imposer un Etat d’exception. Mais là encore, cela comporte tellement de risques, car ce serait faire recours à l’armée pour gérer la chose publique.
En plus, ce serait également un dangereux recul de la démocratie nigérienne, qui, il faut le dire, n’a pas besoin d’une telle extrême situation. Tandja doit tout simplement revenir à la raison et savoir que les chantiers qu’il piaffe d’envie d’achever, d’autres hommes aussi valeureux que lui peuvent les terminer .
Kader Traoré
L’Observateur Paalga
25-06-09
Niger : le principal allié du président Tandja quitte le gouvernement
NIAMEY (AFP) — Le principal parti qui soutenait jusque-là le
président nigérien Mamadou Tandja a annoncé jeudi le retrait de ses
huit ministres présents au gouvernement pour protester contre le projet
de nouvelle Constitution de M. Tandja qui souhaite se maintenir au
pouvoir.
La Convention démocratique et sociale (CDS) a indiqué
dans un communiqué avoir annoncé au Premier ministre cette décision
"motivée par la divergence d'appréciation entre notre formation et le
gouvernement relativement à la question du référendum constitutionnel".
L'appui
décisif de la CDS, dirigée par le président du Parlement dissous,
Mahamane Ousmane, avait permis l'élection du président Tandja en 1999
et 2004.
M. Tandja, 71 ans, avait annoncé début mai
l'organisation d'un référendum portant sur une nouvelle Constitution
qui lui permettrait de rester au pouvoir au-delà des deux mandats
actuellement autorisés. Mais, saisie par des partis d'opposition, des
ONG et des syndicats, la Cour constitutionnelle aavait annulé le 12
juin l'organisation d'un tel référendum.
25/06/09 - Copyright © 2009 AFP

