27-11-08
Sabotages à la SNCF: des intellectuels lancent une pétition dénonçant le "tour politique" pris par l'affaire
Voir le site des comités de soutien aux 9 inculpés du 11 novembre, de Tarnac, Rouen et Paris.
Nous condamnons des incriminations sans fondement et démesurées.
Nous condamnons l'utilisation du dispositif antiterroriste qui permet cette disproportion et ces injustices.
Nous exigeons la libération immédiate des cinq personnes maintenues en
détention et le retrait pour toutes et tous des chefs d'inculpation
“visée terroriste” et “association de malfaiteurs”.
Vous pouvez déjà trouver sur ces pages quelques moyens de nous soutenir
(création de comités locaux, aide morale et financière...). Nous allons
nous employer dans les plus brefs délais à la création d'espaces
donnant accès à : des revues de presse, des textes d'analyse ; aux
annonces et récits d'actions et d'événements de soutien, à certaines
des nombreuses lettres que nous recevons etc.
Un espace concernant les lois anti-terroristes et leurs utilisations doit également voir le jour.
Des pages spécifiques seront ouvertes pour les comités locaux qui en
feront la demande, comme c'est déjà le cas pour celui de Tarnac.
Solidarité totale avec les inculpés
Dépêche AFP :
Une trentaine d'intellectuels dénoncent, dans une tribune publiée
jeudi dans "Le Monde", un "tour politique" après la mise en examen de
neuf personnes arrêtées le 11 novembre dernier à la suite des sabotages
visant des lignes TGV de la SNCF.
"Une fois établie
l'inconsistance de l'accusation de sabotage des caténaires, l'affaire a
pris un tour clairement politique", estiment ces philosophes, éditeurs
ou chercheurs.
Parmi les signataires, les philosophes Girgio
Agamben, Alain Badiou, Judith Butler, et les écrivains Dominique Noguez
et Miguel Benasayag. Ces trente-deux intellectuels appellent à signer
une pétition de soutien sur un site Internet.
Affirmant qu'il
"n'existe aucune preuve matérielle, ni même rien de précis qui puisse
leur être reproché", ils demandent "l'arrêt des poursuites et la
libération immédiate de celles et ceux qui ont été inculpés pour
l'exemple", du fait d'avoir mené, selon eux, une "existence politique".
"Jusqu'à
quel point allons-nous accepter que l'antiterrorisme permette n'importe
quand d'inculper n'importe qui? Où se situe la limite de la liberté
d'expression? Les lois d'exception adoptées sous prétexte de terrorisme
et de sécurité sont-elles compatibles à long terme avec la démocratie?
Sommes-nous prêts à voir la police et la justice négocier le virage
vers un ordre nouveau?", s'interrogent-ils.
La Ligue des Droits
de l'Homme dénonce également dans un communiqué publié jeudi, une
"violation" de la présomption d'innocence, dans une "procédure qui ne
s'embarrasse pas du respect des libertés individuelles", "sous l'oeil
de médias alimentés d'informations uniquement à charge".
La LDH
dit s'inquiéter de "l'extension de l'accusation de terrorisme à toute
forme de contestation sociale et politique alors même que, dans le cas
présent et de l'aveu même de la ministre de l'Intérieur, aucune vie n'a
jamais été mise en danger, ni même susceptible de l'être".
La
Ligue dénonce en conclusion "la méthode de gouvernement qui conduit à
exploiter chaque fait divers et à criminaliser toute critique de
l'ordre établi pour réduire les libertés civiles et politiques".
Au
total, neuf personnes présentées comme des militants de
l'"ultra-gauche" par le ministère de l'Intérieur, ont été mises en
examen le 15 novembre dont cinq notamment pour "association de
malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Seules trois
d'entre elles sont poursuivies pour "dégradations en réunion en
relation avec une entreprise terroriste". AP
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