07-11-08
Areva veut que la france aide Tandja à "mater la rébellion des Touareg"
La Françafrique au secours de l'uranium
Le Canard Enchainé
"GARANTIR «la sécurité économique», c'était le thème - d'actualité - du colloque organisé, le 21 octobre, à Paris, par le Medef. Devant une brochette de grands patrons, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, y a annoncé un renforcement de la réglementation des «officines» de sécurité et de renseignement. Des boîtes où les enquêteurs ne respectent pas toujours la vie privée ni les secrets bancaires ou informatiques de leurs « cibles ». Sur quoi le représentant d'Areva (leader mondial du nucléaire) a pris la parole et son intervention a laissé le public pantois. L'amiral (à 1a
retraite) Thierry d'Arbonneau (photo à droite) , délégué par son groupe au Niger (qui regorge d'uranium), s'est catégoriquement élevé contre toute réglementation des sociétés privées de renseignement et de sécurité. Ce qui compliquerait, à l'en croire, la tâche d'entreprises comme la sienne.
L'Etat français ferait mieux, a-t-il ajouté, de donner aux autorités nigériennes les moyens de mater la rébellion des Touareg, « ces hommes en bleu qui font rêver les hommes et chavirer le cœur des femmes mais ne sont qu'une illusion ». Explication de cette sortie : Areva négocie actuellement le droit d'exploiter le gisement géant Imouraren. Les prix du marché et la concurrence chinoise aidant, le président nigérien, Mamadou Tandja, a déjà obtenu qu'Areva triple son prix d'achat du minerai. Mais il souhaiterait aussi un coup de main français pour combattre les Touareg, qui, dans le nord du pays, réclament un territoire et une part du gâteau minier. Le site est donc peu tranquille, et Areva a besoin de sécurité (publique ou privée) afin de repousser ces arrogants «hommes bleus» qui voudraient nous empêcher de creuser leur terre... J.-F. J."
Réaction du MNJ
Le MNJ prend acte de ces
propos haineux qui ne peuvent provenir que de la bouche des "barbouzes"
dépassées et en manque de genre d’activités pour lesquelles elles
furent dressées.
Ces propos ne peuvent être que l’œuvre d’un pur produit des officiers colons d’antan tels que le Général Massue, le Commandant Laperrine, Mourin, Berger, etc. dont les traces sont encore visibles dans l’Aïr tout entier ; ceux-là qui sont à la base du faible peuplement et de la ruine économique que connaît le Nord Niger d’aujourd’hui.
Pour
mémoire, si l'amiral délégué d’Areva au Niger ne le savait pas, la
répression française de 1917 dans l’Aïr est la cause du déséquilibre
démographique et économique dont est victime jusqu’à ce jour la
population de la partie Nord du Niger. En effet :
- avant les
massacres perpétrés par l’armée française en 1917 dans la zone Nord de
notre pays, la population de la ville d’Agadez était (en 1916) de 2.490
habitants et celle de la région de 25.872 habitants.
-
10 ans plus tard (le 1er octobre 1926), elle ne sera que de 2.436
habitants pour la ville et 27.000 habitants pour la région. C’est dire
qu’en une décennie, cette population a eu du mal à atteindre son seuil
initial de 1916 ; en une décennie elle n’a pu évoluer que de 1.128
personnes.
- 40 ans plus tard, et toujours sous les bottes de la
soldatesque des officiers français, la population de la ville d’Agadez
n’a pas pu se remettre des massacres qu’elle subit en 1917 : En 1956 la
ville d’Agadez ne compte encore que 4.700 habitants et donc n’a pu
doubler son effectif de 1916 !
C’est interpellant et c’est une lourde responsabilité pour la France.
Avant
de penser à tenir des propos appelant la France pour un "remake" de ce
qu’elle a fait en 1917, ce serait plus responsable d’appeler plutôt à
un "make up for" des préjudices occasionnés. En effet, la dynamique
économique des populations de la région en 1917 a été dramatiquement
affectée depuis lors. Politiquement ruinées, ces populations vont être
aussi perturbées sur le plan économique :
- 25.000 dromadaires avaient été recensés dans la région en 1916. En 1918 on n’en trouve plus que 3.000.
-
plus de 16.000 tonnes de produits ont été ramenées par une caravane de
20.000 chameaux en 1908. Le même type de caravane n’a pu rassembler que
7.500 chameaux en 1924.
Les propos irréfléchis et insultants du représentant d’Areva sont indignes et intolérables.
Et
pourtant, le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) a toujours
clairement affiché sa ligne politique. Il a régulièrement souligné que
sa lutte n’est dirigée contre aucun État ou société exploitant ou
souhaitant intervenir dans l’exploitation des ressources du sol de
notre pays.
Le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ), à
défaut des amis de notre pays souhaitant aider à trouver une solution
heureuse à la situation actuelle, a en outre constamment mis en garde
contre les immixtions et soutiens occultes dans un conflit de portée
purement nigérienne.
Le Mouvement des Nigériens pour la Justice
(MNJ) devrait-il comprendre que non contents d’avoir puisé nos
ressources et spolié nos terres, Areva et la France envisagent
d’exterminer nos populations pour délit de revendiquer leurs droits
inaliénables et pour mieux fructifier leurs intérêts ?
Pour quoi ne le fera-t-on pas, nous dira-t-on, peut-être !
Si
on l’a fait gratuitement ailleurs (là où il n’y a à première vue aucun
enjeu économique), pour quoi pas au Niger, qui lui regorge des
ressources ! Récemment c'était le Rwanda !
La France serait-elle
prête à s’embarquer avec Areva dans une aventure d’extermination des
populations dont l’enjeu est l’obtention des permis d’exploitation
auprès du pouvoir "nigérien" et, dans une surenchère avec la Chine !
La conduite responsable du MNJ vis-à-vis des partenaires miniers du Niger serait-elle mal interprétée par ces derniers ?
En
tout état de cause, on peut s'engager comme on veut avec le pouvoir de
Niamey mais quelles que soient les fausses assurances qu’il donnera,
nul n’exploitera nos ressources tant que durera la situation présente.
Au-delà
de tout cela, le MNJ suit et note toutes les manœuvres et l’engagement
des uns et des autres aux côtés du pouvoir de Niamey. Aussi, il profite
de cette occasion et invite solennellement ceux qui sont tentés par des
aventures suicidaires de réviser incessamment leur posture dans
l’intérêt réciproque des uns comme des autres et de toutes les parties.
Le Mouvement.

CONTRIBUTION
Chers amis,
J'ai lu l'article in extenso. Les propos de ce représentant d'Areva, militaire en retraite ou pas, sont inacceptables. Et encore plus inacceptables s'ils furent tenus dans le cadre précité.
J'attends des réactions officielles. En France ! Voire un démenti. Ce qui serait le moins, de la part de ceux qui manient la langue de bois aussi facilement que le mensonge.
Il y a des limites à ne pas franchir. Or ce monsieur les a franchies.
Que suggère-t-il ? Quel sens faut-il donner à de tels propos ? Un appel à la haine ? A l'élimination physique ? L'éradication définitive de celles et ceux qui portent en eux une Culture particulière ? Que faut-il comprendre ? Un appel à l'ethnocide ?
Sans oublier les ingérences infligées à un pays qui demande seulement que soit payer à son juste prix ce qu'il vendrait éventuellement.
Il me semble que, un peu de bon sens et passablement de retenue éviteraient à celles et à ceux qui ont la prétention d'être - du moins en France - les acteurs économiques incontournables d'avoir pour le moins le sens de l'honneur de leur fonction.
J'ose espérer que la République du Niger ne s'engagera pas dans une voie qui risque alors d'être dans les faits un point de non-retour.
J'ose croire au contraire qu'une nouvelle prise en compte des problèmes internes qui lui sont particuliers aboutiront à terme sur autre chose que des tueries et des bains de sang.
Je crois, qu'au delà du factuel et du quotidien souvent subi, il y a toujours des femmes, des hommes de bonne volonté pour promouvoir la Paix ; et ce dans l'intérêt bien compris de l'ensemble de la communauté nationale nigérienne.
La sagesse populaire dit chez nous: " les conseilleurs ne sont pas les payeurs". Mais quel triste conseiller est ce monsieur, tout bardé de médailles et de gloire qu'il soit.
Pardon amis , mais parfois, en entendant ou en lisant certains propos, la honte morale s'allie à la colère intérieure. Aujourd'hui eh bien c'est mon cas !
Cordialement à tous.
Michel PONS
Commentaires
REPONSE A UN AMI
Pour faire suite à mon propos précédent, je vous joins ci dessous la réponse faite à un ami, suite à mon intervention sur un autre blog:
Cher ami,
... Vous avez tout à fait raison, je m'emporte !
Ce qui est grave, je ne sais pas si vous en mesurez toute la profondeur, c'est qu'au delà du discours tenu par ce monsieur, il y a encore une fois le mépris de l'humain au bénéfice du mercantile.
Il y a aussi le mépris dans le conseil, comme si le Niger doit être à l'écoute de ce genre de bonimenteur. D'autant plus, qu'à par certains propos tenus à une époque par quelques responsables populistes nigériens, je n'ai rien lu qui permette de penser que le Niger s'engage sur une voie génocidaire (cf, d'autres de mes interventions, et je n'ai pas changé d'avis).
Il a aussi mépris de l'histoire. Ayons le courage nous Français de balayer devant notre porte.
Maintenant à propos de la Culture avec un grand C.
D'abord je dirais qu'elle est au dessus de tout débat. Elle est transcendantale et donc constitutive.
Je suis tout à fait d'accord avec vous quant au métissage de celle-ci.
Mon propos - du reste toujours interrogatif - ne se posait pas dans ce cadre exclusif, mais de l'utilisation sous-jacente faite par ce monsieur., d'où justement mon interrogation !
Relisez l'histoire récentes des hommes, vous ferez certainement le même constat que moi ; les choses germe dans un certain sérail ; on commence par minorer, puis on émet une ou des hypothèses (de préférence négatives) et enfin on la conceptualise pour si possible la rendre applicable.
Ce qui est triste c'est que ce soit en français qui tienne un tel discours.
Acceptez-vous, cher ami, de me concéder le droit voire l'obligation d'indignation ?
Je peux vous dire que le discours tenu est inacceptble - d'où l'étonnement et la surprise de l'assemblée. Cependant de tels propos mériteraient des poursuites pénales Et j'espère qu'il y en aura ...
Je ne me place pas sur le plan politique ; je n'ai pas assez de connaissances pour cela.
Je me place uniquement sur le plan moral.
Je le répète de tels propos sont inacceptables.
Merci encore pour votre apport et vos commentaires.
Très cordialement
Michel PONS
(fin de ma réponse à un ami)
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